Publié par ViaFidelis le . Repères belges vérifiés à cette date ; l'application à votre dossier se précise avec les professionnels concernés.
Qui achète, qui utilise le bien et qui rembourse ?
Résidence familiale, cabinet, immeuble de rapport ou bâtiment mixte : commencez par décrire l'occupation réelle. Dans une acquisition en société, c'est la société qui détient le bien. Dans une acquisition privée, vous le détenez personnellement. Le financement et les flux doivent correspondre au montage retenu.
Préparez deux scénarios pour le même bien, avec le même prix et les mêmes travaux. Une différence de mensualité ou une déduction envisagée ne suffit pas à choisir. Faites aussi examiner les conséquences d'une vente, d'une cessation d'activité ou d'une transmission.
- Achat privé : revenus personnels, apport disponible et budget du foyer.
- Achat par la société : moyens de l'entreprise, capacité à rembourser et trésorerie après acquisition.
- Usage mixte : surfaces, occupants, loyers éventuels et répartition des dépenses à documenter.
Comparer l'ensemble du coût, pas seulement le crédit
Demandez au comptable et au notaire une comparaison chiffrée de l'achat, de la détention et de la sortie. Le budget doit préciser qui paie chaque dépense et d'où viennent les fonds. Faites valider les conditions d'une déduction : une facture au nom d'une société ne constitue pas, à elle seule, une validation fiscale.
Lorsque la société met gratuitement un logement à votre disposition, un avantage de toute nature peut être imposable. Le SPF Finances prévoit des règles d'évaluation. Faites chiffrer cet effet selon l'usage réel et votre situation, au lieu de traiter le logement comme une rémunération sans coût.
- À l'achat : prix, droits ou TVA applicables, frais d'acte, garanties et travaux.
- Pendant la détention : échéances, assurances, entretien, taxes et occupation privée éventuelle.
- À la sortie : remboursement du crédit, fiscalité de la vente et coût éventuel pour transférer le bien ou les fonds vers le patrimoine privé.
En Wallonie, les 3 % ne s'appliquent pas à un achat par votre société
Depuis le 1er janvier 2025, le régime wallon à 3 % pour l'habitation propre et unique vise des acquisitions par des personnes physiques, sous conditions. Une société ne bénéficie pas de ce régime au seul motif que son dirigeant habitera le bien.
Pour un achat privé, faites vérifier notamment la propriété d'autres logements, l'établissement de la résidence principale et la durée de maintien requise. Un usage mixte mérite une analyse précise. Ce repère est wallon : les règles de Bruxelles et de Flandre doivent être examinées séparément.
Sources pour ce point
Usufruit pour la société, nue-propriété pour le dirigeant : que préparer ?
L'usufruit donne temporairement l'usage et la jouissance d'un bien dont une autre personne détient la nue-propriété. Une acquisition avec ces deux droits répartis entre votre société et vous exige donc deux budgets distincts. L'usufruit n'est ni un simple bail ni la pleine propriété du bâtiment.
Faites justifier la valeur de chaque droit, sa durée et l'usage professionnel prévu. Le Service des décisions anticipées du SPF Finances publie un modèle de demande consacré à l'usufruit au nom d'une société. Ce document aide à préparer une démarche fiscale ; il ne vaut pas approbation de votre opération.
- Qui finance chaque droit, avec quel apport et quelles échéances ?
- Qui supporte les travaux, les réparations, les assurances et les charges selon la loi et l'acte ?
- Que deviennent les droits, les crédits et les dépenses engagées en cas de vente, de fin d'activité ou d'extinction de l'usufruit ?
Construire sur un terrain privé avec sa société : superficie ou emphytéose ?
Le droit de superficie permet de détenir des volumes bâtis ou non sur, au-dessus ou en dessous du fonds d'autrui. Il peut être envisagé lorsque le terrain et le bâtiment doivent appartenir à des personnes différentes. L'emphytéose est un droit réel d'usage et de jouissance étendu d'un immeuble appartenant à autrui. Ce sont des droits distincts, à faire définir dans l'acte par le notaire.
Pour le financement, mettez en regard la durée du droit, celle du crédit et l'usage prévu du bâtiment. Le prêteur doit connaître le droit réellement détenu et la garantie proposée. Faites examiner la fin du droit et les éventuelles indemnités avant de décider qui paiera la construction.
- Présentez le titre du terrain, le projet de construction et les personnes concernées.
- Faites préciser les possibilités de cession, les garanties et le sort des constructions en fin de droit.
- Demandez une analyse fiscale du montage complet, y compris sa sortie : le choix d'un droit réel ne garantit pas une économie d'impôt.
Sources pour ce point
Contrats en 2026 ou 2027 : une réforme publiée, un calendrier à vérifier
La loi du 22 juillet 2026 sur le livre 7 du Code civil, consacré aux contrats spéciaux, a été publiée le 23 septembre 2026. Son entrée en vigueur générale est fixée au 1er septembre 2027 ; certaines dispositions modificatives entrent toutefois en vigueur plus tôt. Il ne faut donc pas appliquer tout le nouveau livre 7 à un achat signé en 2026.
L'article 49 maintient en principe les anciennes règles pour les effets des actes antérieurs et les opérations liées à des obligations antérieures, sauf accord contraire. Pour une acquisition préparée sur plusieurs mois, faites vérifier les dates de l'offre, du compromis et de l'acte par votre notaire. Les règles propres au crédit doivent être examinées séparément.
Les décisions à prendre avant de vous engager
Validez l'acquéreur et les modalités du financement avant l'offre d'achat. Si vous envisagez un usufruit, un bail entre vous et votre société ou une autre répartition des droits, faites analyser le montage et ses valeurs par vos professionnels avant de l'intégrer à votre budget.
ViaFidelis vous accompagne dans la préparation du financement. Le choix fiscal, les actes et les conventions se construisent avec votre comptable et votre notaire ; un financement accepté ne valide pas à lui seul le montage fiscal.
- Transmettez l'usage prévu et les plans du bien aux professionnels concernés.
- Précisez la réserve que votre entreprise doit conserver après l'achat.
- Faites vérifier les conditions de financement et la protection prévue en cas de refus.
Sources pour ce point
